Mardi 20 novembre 2018
 
 
La Mouline
 
LA MOULINE

Bâti au creux de la vallée, le bourg de la Mouline, dont les maisons se sont groupées sur les rives de l'Aveyron et les bords de la Nationale 88, sépare, au Sud Ouest, la ville de Rodez du plateau de Luc.
Ce charmant village, mentionné dans un acte du 13ème siècle, possède un passé historique, malheureusement mal connu.
On sait cependant, que la première habitation qui y fut construite, tout près du pont actuel (au confluent de l'Aveyron et du ruisseau La Brienne), devait être un moulin. Dans ses lettres sur l'histoire de Rodez, Henri Affre a consacré un chapitre au " Moli-Nou " : Moulin neuf, qui devint, francisé : " La Mouline " ou encore " Le Grand Moulin ". Ce nom devait le distinguer des autres moulins existants ; il y avait, en effet, trois moulins entre La Mouline et Le Monastère : celui de Pontvieil le plus proche (1271), celui de Tripadou, appelé dans les vieux actes " Le Moli del Trepador " qui se trouve encadré dans le Bois de Madame, et plus en amont : Le Moulin de la Roque. A cette époque-là, pour franchir la rivière, les piétons sautaient sur un gué (sur des " passes ") ou utilisaient un mauvais pont de bois datant de l'époque Gallo-Romaine. Son emplacement resta longtemps imprécis, jusqu'au jour où un bloc de maçonnerie découvert au bord de la rivière, fut reconnu être la culée de l'ancien pont. C'était à Pontvieil, ce qui correspondrait au point d'aboutissement des chemins descendant de Rodez, vers Albi-Toulouse.
M. J Bastide nous relate ceci : "De plusieurs portes de la ville partaient des chemins qui allaient rejoindre la côte de Pontvieil: deux en haut, un en bas. L'un partait de la porte fortifiée (avec droit d'entrée) de la rue du Bal et suivait la Côte Pavée (rue Viala). L'autre, qui partait de la Boule d'Or, passait devant la masure de la " Rochesse " où s'enfermait son habitante, nourrie de la seule charité publique".
Au bas de la Côte de Pontvieil, on trouvait le " Couvent des Cordeliers ". Lorsque M. Lacascade le fit remplacer par la construction de sa maison, il en conserva la " Mitre " de la chapelle, (placard où l'on plaçait les objets du culte) incrustée dans le mur. Il en fit l'encadrement d'une fenêtre qu'on peut voir encore, côté jardin.
Le chemin continuait ensuite, par le " Coudenas " vers l'Aveyron, qu'on traversait à Pontvieil à 200 m en amont du pont actuel. Il traversait le village, près de l'ancienne tannerie Raulhac (qui existe encore, n° 6 La Mouline) suivait le cours de la Brienne, pour se diviser en deux par la suite. Un embranchement traversait l'eau au-dessus du vieux lavoir (propriété château Gaillard), à l'emplacement de la maison Sanhes, pour monter à Puech-Camp.
L'autre branchement, par le " Tioulas " (chemin des tuiles) montait à Olemps, bordant le terrain (surplombant le château) dénommé " Lous Aubrets " parce qu'il était planté de jeunes mûriers dont les feuilles alimentaient des vers à soie.
La vieille maison de M. Bastide, (vieille famille de la Mouline) était une magnanerie.